Campagne de salissage

debut_articleOp Spartacus

Du moment que quelqu’un lève le petit doigt pour changer quelque chose dans le monde, des rapaces se lèvent pour le lui casser.

Depuis que je combats contre l’État islamique aux côtés des Kurdes, je reçois énormément de messages de support, tant de civils que de militaires. Des gens disent même prier pour moi! Je n’ai pas toujours le temps de répondre à vos nombreux messages. J’aimerais, du fond du coeur, vous remercier. Je vous remercierai en produisant un documentaire de qualité qui répondra à vos attentes. Ce but de ce documentaire sera de convaincre que nous devons combattre le fanatisme par tous les moyens, où qu’il se trouve.

Malheureusement, des gens m’écrivent pour me dire que quelques individus répandent de fausses rumeurs à mon sujet, sur la base militaire de Valcartier. Ce qui me blesse encore plus, c’est que ces attaques viennent de militaires, de gens à qui je n’ai rien fait. Il y en avait même que je ne connaissais même pas!

Où est donc passée la fraternité des soldats? Où est passé ces principes que j’ai entendus pendant des années : respect et dignité? Où est passée la légendaire camaraderie du combattant? Pour ces quelques militaires, qui aiment s’afficher avec des slogans comme « fantassins, frères pour la vie », cette camaraderie a été remplacée par le poignard du traître. Et dire que je considérais ces gens comme des frères d’armes! Par bonheur ils ne représentent pas la majorité. Je me console en pensant à ce que les gens m’ont raconté sur ces personnes, à savoir que c’est leur passe-temps que d’humilier et critiquer les autres.

Un traître est aussi un lâche. Sans surprise, ces individus ne m’ont jamais écrit, ni pris la peine de vérifier à la source la véracité de leurs « informations ».

Il est facile de répandre de fausses rumeurs sur quelqu’un qui, à l’autre bout du monde et au risque de sa vie, combat volontairement, le tout sans salaire et à ses propres frais. Je dois avouer que cette campagne de salissage fonctionne en partie. Certaines personnes en qui j’avais en haute estime doutent maintenant de moi, au point de ne plus me parler. Heureusement, ce sont des cas isolés. ll est clair que le plan de ces mauvaises langues est de rendre mal à l’aise ceux qui afficheraient en public leur support à mon projet.

Je remercie d’ailleurs la vie de m’avoir endurci au point de ne plus être autant secoué par cette haine non provoquée.

J’aimerais remercier ces militaires et anciens collègues qui m’ont écrit pour me mettre en garde et me fournir les preuves de cette campagne de salissage planifiée, intentionnelle et répétée. Je remercie aussi la personne qui m’a fourni de l’aide juridique.

À vous tous, qui vous vous reconnaissez : continuez de m’informer. C’est important. Sachez qu’il est possible de témoigner en cour de manière anonyme, par écrit.

Voici quelques exemples de rumeurs :

1— Paraît-il que j’invente mes histoires, tout comme celles d’Afghanistan.

2— Paraît-il que je fais tout ceci pour l’argent.

3— Paraît-il que je fais tout cela pour la gloire.

4— Paraît-il que je me fais passer pour « post-traumatique » pour empocher de l’argent.

Premièrement, j’invite ceux qui prétendent que j’invente, à m’écrire et de venir avec moi sur la ligne de front ou en patrouille face à l’État islamique. Il ne suffit que de quelques semaines de vacances. Je vais m’arranger pour « inventer des histoires » avec eux.

Et si jamais j’avais tout inventé, que j’avais réussi à me filmer au combat, à simuler des morts et des explosions… à celui qui réussirait tout cela, je lui décernerais un prix. Je n’ai cependant pas ce talent.

Aucune de mes histoires de combat n’a été inventée. Il est facile de vérifier tout ce que j’avance. Des dizaines de témoins peuvent confirmer, ainsi que des photos, vidéos et des documents officiels.

Paraît-il que je fais tout ceci pour l’argent. Voici donc mes entrées d’argent depuis que je suis sorti des Forces canadiennes : zéro. Si je suis chanceux, je vais rembourser mes dépenses pour le projet. Peut-être. Bien entendu, ces langues sales gagnent des milliers de dollars en salaire pendant qu’ils accusent d’opportunisme celui qui ne fait AUCUN salaire.

Troisièmement, ces quelques individus disent que je fais ce projet pour la gloire, pour l’attention. Je m’en fous de la gloire. Est-ce que je veux de l’attention médiatique : OUI, et encore OUI! Je fais un documentaire. Je veux passer un message. Je me demande bien ce que ces quelques langues sales voudraient que je fasse : que je filme sans en parler en personne tout en espérant que mon projet soit connu, comme par magie?

Je me console en me disant que quand même ceux qui me détestent parlent de ce que je fais, c’est que j’ai fait mon travail.

Quatrièmement, paraît-il que je me suis fait passer comme ayant des problèmes de « post-traumatisme » afin d’empocher de l’argent et financer mes projets. Voici donc le montant de mes indemnités mensuelles pour mon « post-traumatisme » : zéro. Voici les indemnités pour « blessures » : zéro. Cette information est vérifiable.

Je suis fier d’avoir été un bon investissement pour l’Armée et les contribuables. J’ai été au combat plusieurs fois, je me suis porté volontaire pour près de 10 déploiements. J’ai travaillé fort. Et aujourd’hui je ne reçois AUCUNE indemnité. Et je n’en demande pas. Je préfère que les vrais guerriers blessés, dans l’âme ou dans le corps, reçoivent cet argent tant mérité.

Mon intention n’est pas d’intenter de poursuites judiciaires. Je n’ai pas de temps à perdre avec la bassesse. Ce que je demande, c’est la paix. Je demande de manière respectueuse à ces individus de m’écrire et de me faire part de leurs critiques. Je promets de leur répondre publiquement. Et si je suis en tort, je l’admettrai.

Je demande aux responsables de la chaîne de commandement militaire concernée de ne pas se faire complice de propos diffamatoires et mensongers, en les laissant être prononcées sous leur autorité.

À ceux qui me supportent, encore une fois : merci. Je ne prends pas toujours le temps de vous répondre longuement, mais vos messages de soutien me touchent.

Et maintenant, avançons!

FV
W

Du moment que quelqu’un lève le petit doigt pour changer quelque chose dans le monde, des rapaces se lèvent pour le lui casser.
Du moment que quelqu’un lève le petit doigt pour changer quelque chose dans le monde, des rapaces se lèvent pour le lui casser.

J’y étais!

wali542045J’avais quelques heures d’escale. Il fallait les mettre à profit. Il fallait que je me rende aux pyramides d’Égypte!

Moins de deux heures après l’atterrissage au Caire, j’étais sur le dos d’un chameau, galopant au son des mosquées. Le décor me faisait penser à un jeu vidéo. Ça ressemblait même au jeu « Assassins Creed ». Des chevaux et des calèches semblant sortir du moyen-âge croisaient mon chemin. Des feux crépitaient dans les rues, des enfants couraient en avant de moi, des hommes fumaient du narguilé dans les ruelles.

« Hut! Hut! Yalla! dis-je à mon chameau ainsi qu’à mon guide, du nom de Ramadan. Le soleil se couche. Il faut aller plus vite. »

Je rebondissais sur le chameau, au point d’avoir les cuisses qui chauffaient en raison du frottement répété.

Après avoir passé devant un cimetière chiite, l’ambiance est devenue calme. Les sabots des chevaux et des chameaux frappaient de manière sourde sur le sable encore chaud.

Nous sommes montés sur une colline. « Penche-toi vers l’avant, me dit alors le guide. »

La bête a plié ses genoux et a penché son cou. J’ai passé la jambe droite par-dessus l’étrier. J’ai touché le sol.

J’y étais. J’étais devant 3000 ans d’Histoire.

FV
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Les pompiers à la caserne

Le prochain premier ministre du Canada a déjà annoncé la fin de la faible participation du Canada à l’effort de guerre contre l’État islamique.

La maison est encore en feu, nous entendons les gens crier et brûler vifs. Mais nous avons décidé de renvoyer les pompiers à la caserne. Ces mêmes pompiers qui, la rage au coeur, devront frotter et faire briller leurs beaux camions sous les lueurs de l’incendie.

Laissons au contraire les autres faire le sale travail à notre place. Nous autres, les gentils Canadiens, restons en arrière, donnons des bonbons et des couvertures, faisons quelques photos ici et là, sourions à la caméra et félicitons-nous d’être « contre la guerre ».

Que Rome brûle, et faisons la fête, comme disait l’empereur Néron.

W
FV

La maison est en feu, nous entendons les gens crier. Mais nous préférons laisser les pompiers à la caserne.
La maison est en feu, nous entendons les gens crier. Mais nous préférons laisser les pompiers à la caserne.