avatar_aout_2019

Vous êtes nombreux à avoir acheter mon livre de tireur d’élite, une histoire vraie. Mission : tireur d’élite! Ce livre est depuis longtemps un bestseller!

Aujourd’hui est la journée “j’achète un livre québécois”. Peu de gens le savent, mais mon ancien commandant de détachement de sniper commençait à écrire des livres d’horreur alors que nous étions au milieu du désert afghan! Voici ce que ce brave soldat, et écrivain, a à vous dire :

Dernièrement, mon ami Wali a publié un excellent livre, « Mission : Tireur d’élite », qui relate toutes les aventures de notre détachement en Afghanistan. On peut y lire toutes les péripéties que nous y avons surmontées.

Mais j’aimerais prendre quelques instants pour mettre l’accent sur une portion très importante de notre mission outremer, qui pour plusieurs a été plus difficile à affronter que les attaques de l’ennemi : le fameux retour ! Comment faire pour reprendre une vie normale après avoir vécu tout ça ?
Je dois avouer qu’au tout début, ce n’est pas évident. Je passais d’un pays où les pères, pour se protéger, font marcher devant eux leurs enfants (encore plus les fillettes) au cas où il y aurait des mines ou engins explosifs, à un autre où les parents se font regarder de travers s’ils ne font pas mettre de casques de vélo à leurs petits. Ou encore d’un endroit où à tout moment des terroristes peuvent débarquer dans votre village et piller, menacer, violer ou assassiner à volonté, à un lieu où la population se plaint parce que le prix de l’essence est monté de 10 cents le litre. (Bon d’accord, il n’y avait pas encore eu le Coronavirus à cette époque !)

Bien que ce soit un film fantaisiste, il y a une scène à la fin de « Le Seigneur des Anneaux : Le retour du Roi » qui représente superbement bien comment on peut se sentir en revenant du front. Dans l’extrait en question, les quatre hobbits, enfin de retour chez eux après toutes leurs mésaventures, sont assis à une table, une bière à la main. Tous les villageois autour d’eux s’amusent et rient comme si de rien n’était, insouciants de tous les dangers qui venaient de les menacer. Tandis que les héros, pour leurs parts, se tiennent là, tranquilles et silencieux, sachant ce qui se cachait de l’autre côté des frontières. Ils ne prononcent pas le moindre mot, mais le regard qu’ils s’échangent veut tout dire. Quand j’ai visionné une nouvelle fois ce long-métrage après mon expérience de « l’autre bord », je me suis immédiatement senti interpelé. « Wow, c’est tellement ça ! » m’étais-je dit en constatant à quel point c’était représentatif.

C’est très ironique, puisqu’autant tout au long de la mission, nous n’avions qu’une chose en tête, revenir sain et sauf, autant une fois à la maison, toute l’adrénaline et l’action nous manquaient. Je me souviens que peu de temps après mon arrivée au Canada, alors que je me trouvais au beau milieu de l’épicerie à pousser mon panier, me mettre à me demander réellement ce que je faisais là. À peine quelques jours auparavant, j’étais dans cette région chaude et désertique à traquer des talibans, munis de mes armes et de mon équipement, alors que là, je me trouvais à cet endroit, au frais et pénard, à me demander ce que je devrais acheter pour le souper. Quel contraste, quel bordel dans notre tête !

Une chose qu’il faut absolument prendre en ligne de compte en tant que vétéran, c’est que malheureusement, ceux qui ne l’ont pas vécu ne comprendront jamais ! Plus vite on l’accepte et mieux on s’en sort. Au début, on fait tous l’erreur d’essayer de faire saisir à notre entourage les évènements vécus. Très souvent, lorsqu’on décide enfin d’en parler, la conversation dure environ une dizaine de minutes. Tout ce qu’on a tenté d’enfouir au plus profond de nous commence peu à peu sortir. Et quand on laisse finalement remonter tout ça, le sujet de conversation a déjà changé. Alors on essaie de le ravaler, puisque ce serait déplacé ou encore vantard de revenir là-dessus. Mais le problème, c’est que ça flotte, tous ces « osties » de sentiments-là ! Et maintenant qu’on les a laissés nous submerger, ça va prendre quelque temps avant qu’ils ne retournent tout au fond. Tandis que tous autour, une coupe de vin la main et la bouche pleine de nourriture, n’ont aucune espèce d’idée de ce tu viens tout juste de revivre !
Ou encore mieux, lorsque l’on mentionne qu’on a été en Afghanistan, il y a toujours la fameuse question, la plupart du temps crue et sans préliminaire : « Avez-vous tué du monde, là-bas ? » Et cette interrogation vient surtout de simples connaissances et même d’inconnus. La famille et les vrais amis vont seulement attendre que tu te vides le cœur au moment opportun. Et quand ça arrive, ils vont simplement faire la meilleure chose à faire, écouter ! Mais pour les autres, qui demandent sans aucun respect, il y a souvent trois options de réaction lorsqu’on leur répond que oui, on a dû faire le nécessaire. La première est la personne tout excitée qui va se mettre à poser plein de questions afin d’avoir des détails croustillants, sans se rendre compte que ceux à qui on a pris la vie étaient des personnes bien réelles et non des personnages de fiction. Bien que les intentions de nos ennemis allaient à l’encontre de nos valeurs, c’était tout de même les fils, les pères, les frères, les cousins, ou encore les amis de quelqu’un, qui les ont certainement pleurés. La seconde réaction est tout le contraire, soit la personne se met à te dévisager comme si tu étais un monstre, sans comprendre que si l’on a enlevé des vies, c’était pour en sauver d’autres. Celles de nos frères et sœurs d’armes et même celles des pauvres civils coincés dans tout ça ! Et la plus commune des réponses est un froid de quelques secondes suivi de la seconde question la plus populaire au sondage : « Es-tu post-trau (post-traumatique) ? » Ces deux interrogations-là, ce sont des classiques. À cette dernière question, j’ai la chance de répondre que non, je ne fais pas de cauchemar la nuit et je ne suis pas toujours sur le qui-vive. J’arrive à fonctionner normalement. Toutefois, est-ce que ça m’a changé ? Bien sûr que oui ! Tout évènement dans une vie nous fait évoluer, alors c’est certain qu’on ne peut pas rester indifférent à une expérience comme celle-là. Et même aujourd’hui, alors que j’en parle ouvertement et que j’ai l’impression que tout ça est derrière moi, il m’arrive fréquemment de revoir les visages de ceux à qui on a enlevé la vie, visages que malheureusement je n’oublierai jamais !

Pour ma part, j’ai eu beaucoup de chance d’être en mesure de reprendre rapidement un train de vie normal contrairement à certains de mes amis que je salue et qui ont tout mon soutien. Dans mon cas, la première chose que j’ai faite dès mon retour, c’est de me trouver bon nombre de projets. Le premier a été de m’installer à la campagne avec toutes les besognes qui viennent avec pour m’occuper. La seconde chose a été de réaliser un rêve de jeunesse en publiant (grâce à Wali) ma série de romans mélangeant action et surnaturel, L’assaut du Mal. Aussi, dernièrement, je me suis lancé dans une toute nouvelle voie en m’enrôlant comme pompier pour ma petite ville et ça, je dois avouer que ça m’aide beaucoup à satisfaire mon esprit d’aventurier. Évidemment, un aspect qui a grandement participé dans mon cheminement est le soutien de ma femme, Caroline, qui était déployée elle aussi en même temps que moi là-bas, en tant qu’infirmière. Celle-ci, qui avait également affronté un tas d’émotions là-bas, était la mieux placée pour me soutenir. Et mes trois merveilleux enfants, Justin, Amélie et Rosalie, m’ont grandement aidé à faire le point. À chaque fois que je me demande pourquoi, moi, j’ai survécu, alors que d’autres frères d’armes ou encore les ennemis qui ont croisé notre route y sont restés, je n’ai qu’à les regarder pour comprendre. Si le destin ne m’avait pas permis de revenir, mes deux filles ne seraient pas là et mon fils aurait perdu son père. Voilà la meilleure des raisons d’être rentré sain et sauf !

Vous pouvez retrouver la suite dans le préface de « L’assaut du Mal, tome 5, L’armée infernale » alors que je m’ouvre sur deux autres aspects qui pour moi ont été encore plus difficiles que la mission en soi, c’est-à-dire le douloureux départ et la pression que j’ai affligés à tous mes proches en décidant d’aller représenter mon pays au front.

Je me souviens !

* Voici les liens où trouver nos livres :
https://www.amazon.ca/-/fr/Lassaut-du-Mal-Sadman-sorcier/dp/2981232444/
www.assautdumal.com
www.livreswali.com

Sylvain, commandant du détachement de sniper 66 Bravo

Il ne faut pas trop aider

avatar_aout_2019

Je suis contre donner beaucoup d’argent en aide au Liban. Voici pourquoi…

Parfois, la meilleure façon d’aider est de ne pas aider. Il ne sert à rien de donner de l’argent à un itinérant ivrogne. Plutôt que de s’acheter de la nourriture, il s’achètera de la boisson !

La tragédie du Liban, l’effondrement de leur économie, l’explosion à Beyrouth… tout ceci prend en grande partie racine dans la corruption !

Le Liban est corrompu parce que TOUT le pays est corrompu, et non seulement quelques dirigeants. Dans plusieurs pays du monde, TOUT fonctionne par « contacts ». Pour avoir du travail ou un poste important, tu n’envoies pas de CV. Jamais ! Plutôt, tu fais des appels. Si tu es, disons, le beau-frère de la « bonne » personne, tu auras le travail. C’est comme ça que ça marche.

Le résultat : quand un pays fonctionne uniquement par « contacts » et presque pas au mérite, tout le pays finit par rouler « tout croche ». Au final, la société finit par avoir des centaines et des milliers de positions clés remplies par des gens incompétents ou carrément corrompus. Ça conduit à mille et unes tragédies, comme l’explosion d’un entrepôt d’explosif laissé en PLEINE VILLE pendant des années !

Les pays dits plus « modernes » sont corrompus, aussi. Ils le sont tout simplement moins.

Le Liban se sortira de ses problèmes quand ses citoyens en auront assez de la corruption à TOUS les niveaux. À LEUR niveau aussi ! Ceux qui aujourd’hui manifestent contre la corruption sont souvent ceux qui en font, à plus petite échelle.

Ce sont les Libanais qui devront régler ce problème de corruption entre eux, comme un ivrogne qui perd sa voiture après avoir trop bu.

Parfois, la meilleure façon d’aider est de ne pas aider. Il ne faut aider que ceux qui s’aident eux-mêmes. Aidons intelligemment.

FV
W

Liban : l’exemple parfait d’incompétence criminelle !

avatar_aout_2019

L’explosion au Liban est l’exemple classique d’incompétence répétée et criminelle.

Plusieurs fois, les douanes du Liban avaient averti le gouvernement du danger de l’entreposage du nitrate d’ammonium. En plus d’avertir, des solutions avaient été proposées. Tout ceci avec insistance et de manière répétée. La matière avait été entreposée pendant… six ans ! Malgré cela, rien n’a été fait ! Le malheur qui touche le Liban n’est pas dû à la malchance !

Ce genre d’incompétence criminelle est partout dans notre société. Il faut arrêter d’accuser le « système ». Le « système », ce sont des personnes. Le « système », on peut le pointer, personnellement ! Il faudrait arrêter de seulement pointer !

FV
W

https://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/2020-08-05/colere-a-beyrouth.php