Ce gars de l’allée 9

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Vous avez été nombreux à réagir à ma publication sur le champ de tir civil. Je voulais vous dire : je n’en voulais pas à ces monsieurs qui se croyaient bien informés sur comment «ça se passe en Afghanistan», et qui ne me prenaient pas au sérieux. En fait, je trouvais la situation cocasse, sans plus.

Plusieurs d’entre vous ont jugé sévèrement ces messieurs du champ de tir. Mais en réalité, il est possible que plusieurs d’entre eux en connnaissaient beaucoup plus que moi sur bien des aspects du tir. Quand vous êtes un tireur d’élite, votre équipement, vos munitions, vos optiques, et ainsi de suite… sont fournis! Des ingénieurs et des spécialistes ont fait des recherches à votre place, afin que vous ayez tous les outils en main. Ceci afin que vous n’ayez à vous concentrer que sur votre travail de soldat. C’est la beauté d’une armée : le but de l’organisation est de faciliter et supporter le travail des combattants. Une armée où chaque fantassin devrait être un expert des différents types de munitions… cette armée aurait un problème!

Bien des tireurs d’élite que je connais, incluant ceux des forces spéciales, sont loin de tout connaître sur les armes à feu. La majorité d’entre eux se contentent de maîtriser les outils qu’on leur fournit, sans se soucier du reste. Le soir venu, après une journée de tir, ils sont chez eux, loin du monde des armes. Ils préfèrent, souvent, aller pêcher, se faire un BBQ ou regarder un film plate avec leur copine adorée. Ils ne sont pas nécessairement en train de lire sur les derniers types de calibres ou sur les ajouts «tactiques» qu’on peut mettre sur le nouveau modèle de Ruger ou de Colt. Certains militaires sont instruits sur ces sujets, mais ce sont des exceptions.

Croyez-moi, dans le monde civil, il y a des gens qui s’y connaissent en armes, et pas à peu près. Comme militaire régulier ou combattant volontaire, vous avez intérêt à écouter ces gens. J’ai moi-même appris un paquet de choses de la sorte. Par exemple, comment faire du rechargement de précision (domaine inconnu pour les tireurs d’élite militaires, qui ont leurs munitions fournies).

J’ai peut-être maîtrisé les chartes et le comportement balistique de la. 388 ou de la. 50, par exemple. Mais je n’ai pas d’expérience avec la 22-250 ou la. 243, pour ne nommer que ces deux calibres. Je m’ajusterais rapidement, certes. Mais ces calibres, d’autres les connaissent bien plus que moi.

Il arrive, parfois, qu’en tant que vétéran, ce soit vous qui soyez bien informés. Comme vétéran de l’Afghanistan, je savais qu’elles étaient les tactiques utilisées dans la région de Kandahar, les manières de procéder de l’ennemi, les techniques d’engagement de tireur d’élite, et ainsi de suite. Dans ce cas, c’était moi la référence. Mais pour des centaines d’autres sujets, j’étais et je suis d’abord un élève, et non un maître.

Soyez content d’être un élève : ça veut dire que vous êtes en contact avec du nouveau, et que vous progressez. Et ne jugez pas quelqu’un selon son apparence. Le gars tranquille dans l’allée 9, il a peut-être plus de millage que vous ne le pensez, dans le tir comme dans bien d’autres domaines de la vie que vous ne connaissez même pas.

(Ce texte fait partie d’une série sur les combattants volontaires : http://torchsword.org/fr/category/combattant_volontaire )

FV
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