Combattre et skier

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debut_article2Op Spartacus

Même si le vent est glacial pendant la descente, il y a ce skieur qui ira quand même skier. Même s’il est tombé cent fois, même si son corps est couvert de bleus, il ira quand même skier. Les autres resteront chez eux, mais lui, rien ne l’arrête. Pourquoi? Parce que pour ce skieur, rien ne le rend plus heureux que skier. Rien ne l’arrête : pas même le vent glacial, ou la douleur des articulations.

Ainsi sont ceux qui malgré les difficultés, finissent par réussir. Le vent est glacial, leur corps leur fait mal, leurs genoux crient de douleur. La pente est raide. L’air serait bien moins froid si ces skieurs restaient chez eux, et leur corps ne ferait pas mal.

Mais… ils seraient chez eux à s’ennuyer. Ils ne ressentiraient pas le plaisir de voir passer des obstacles mortels à quelques pouces de leur visage. Ils ne ressentiraient pas l’euphorie de voir une rangée de sapins défiler à leur droite, ils ne sentiraient pas la neige être poussée en jets pendant les virages.

Ces skieurs ne font pas du ski pour gagner des trophées au fil d’arrivée. Ils le font, car rien ne remplace cette sensation d’être seul face à la montagne; cette montagne qui s’allie aux lois de la physique pour les briser.

PLH-20150923-150113-620C’est la même chose pour mon combat au Kurdistan, comme combattant volontaire contre l’État islamique. Je suis revenu au pays. Je continue le montage du documentaire, jour après jour. Aucune promesse de récompense. Les chèques, je les écris. Je ne les encaisse pas. Du moins pour l’instant.

Je ne sais même pas si je vais gagner quelque chose. En fait, je ne sais même pas si quelqu’un va avoir la patience de m’attendre en bas de la piste. Si je réussis, j’aurai mille amis. Si j’échoue, j’en aurai dix. Peut-être.

Tout ce que je sais, c’est que des balles et des éclats d’obus passent à quelques pouces de mon visage pour me défigurer. L’air est brûlant. Mon corps fait mal, mes jambes sont fatiguées. Mes épaules sont marquées par les sangles de mon équipement. Mon cou est irrité par la poussière. Mais que voulez-vous, j’aime skier! Je suis né pour ça! Je vois un village tenu par des barbares : je dois foncer! Je dois attaquer.

Comme aurait pu dire Bonaparte : rien ne remplace une bonne bataille.

Et vous? Voulez-vous skier? Ou rester à la maison?

FV
W

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