«Je réalise à quel point nous sommes en retard sur le monde!»

«Wow! C’est aujourd’hui que je réalise à quel point nous sommes en retard sur le monde! C’est incroyable!»

C’est, en résumé, ce qu’à un jour dit un Afghan en visite en Europe et à Dubai. Depuis sa naissance, cet Afghan avait vécu sous les talibans. Il n’avait rien connu d’autre.

Et puis, cet Afghan a vu les gratte-ciels de Dubai, et les ordinateurs sophistiqués d’Europe. Tout ceci était surréel! Incroyable! Il a alors compris que ce qu’il avait depuis toujours perçu comme «le vrai monde», sous le règne des talibans, était en fait une invention de la pensée.

On lui avait répété, jour après jour, que son pays était prospère et heureux. Qu’ailleurs, ce n’était pas tellement mieux.

On lui avait dit que son gouvernement prenait soin de lui, que les problèmes étaient causés par les étrangers.

On lui avait dit que la corruption, elle existait ailleurs, mais pas ici.

On lui avait caché les opinions contraires à la ligne officielle.

On lui avait caché, jour après jour, la réalité du monde! On lui avait caché la vérité!

Dans plusieurs pays du monde, les gens sont complètement déconnectés du monde réel. Ce n’est que petit à petit, en écoutant et regardant autour de soi, que ces citoyens se rendent compte que quelque chose ne tourne pas rond.

Ces citoyens commencent alors à comprendre que la version officielle, à laquelle ils ont cru depuis des années, est en fait un grand mensonge. Parfois, au détour d’une conversation discrète entre amis de confiance, la vérité rejaillit brièvement, sans plus.

Finalement, arrive le jour où la dictature s’effondre, généralement après une guerre ou une révolution. Ce n’est alors pas seulement la dictature qui s’effondre, mais la réalité distortionnée en laquelle croyaient des millions de personnes. Le rideau et le décor tombent, laissant place à un monde nouveau.

Ces mêmes citoyens sont alors exposés à d’autres opinions, d’autres «versions officielles», d’autres manières de faire.

Aujourd’hui est la journée mondiale de la liberté de presse.

Sans bon média, un peuple est myope. Il n’y a alors plus personne pour raconter ce qui arriver «ailleurs», c’est à dire plus loin que l’environnement immédiat de chaque personne. Ce peuple est alors incapable de savoir si le beau paysage qu’on lui présente au loin est réel ou est en fait le décor d’une pièce de théâtre.

FV
W

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