Ne pas tuer, à tout prix!

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«Il faut souligner le courage et le sang froid du policier de Toronto. Il a refusé d’utiliser la violence. Ici, au Canada, nous ne sommes pas violents. Soyons fiers!»

On a voit ce genre de commentaire à plusieurs endroits, en parlant du policier qui a fait face au terroriste, à Toronto. Moins certain qu’on serait aussi «fiers» si le policier avait tué le terroriste.

Sur les photos, on voit le terroriste utiliser son téléphone portable et faire comme si c’était une arme. Le terroriste sort son «arme» à répétition dans le but de provoquer le policier et faire en sorte qu’il le tue. Bref, il voulait en finir. Mais le policier a refusé de tirer.

Le policier, c’est vrai, a fait un travail fantastique. Il a affronté le terroriste! Sans hésiter! MAIS… si on pouvait lire dans ses pensées, probablement que la vraie raison pour laquelle il n’a pas tiré est qu’il avait peur d’être dans la «merde» s’il abattait le terroriste. Peut-être qu’au fond de lui, il se disait : «si je tire et que je me trompe sur le moindre détail, mes patrons vont me lâcher, je vais être sous enquête, peut-être sans salaire, ma carrière sera fichue et la moitié de la population dira que j’ai abusé de la force et que je suis un mauvais policier…», et ainsi de suite.

Tous les entraînements tactiques à haut risque disent la même chose : face à une menace armée mortelle, il faut utiliser la force mortelle. Face à ce qui ressemble à une arme, le réflexe instinctif doit être de viser et de tirer. Il ne doit pas y avoir de longue analyse. Surtout, il ne doit pas y avoir de délai. On ne parle pas ici d’une simple perquisition chez un citoyen ordinaire, mais d’un terroriste dégainant ce qui ressemble vraiment à une arme de poing!

Ici, le policier a pris une chance en ne tirant pas! Une chance sur sa propre vie! Et d’après moi il a pris cette chance parce qu’il ne se sentait pas «backé» par ses collègues et concitoyens.

Nous vivons dans une société où la «victime» a toujours raison, ou presque toujours. En fait, non pas la victime, mais celui qui a l’apparence d’être une victime. Dans ce cas-ci, si le policier avait tiré, plusieurs auraient pris le terroriste en pitié. Ils auraient dit qu’il «avait besoin d’aide» et qu’il aurait mieux fallu de le contrôler tout en le laissant en vie. D’ailleurs, plusieurs personnes qui me lisent en ce moment sont déjà surement en train, inconsciemment, de chercher une raison pourquoi un policier ne doit jamais tirer dans pareille situation. Nous sommes «brainwashés» à penser comme ça. Oui, c’est vrai, garder un terroriste en vie peut être utile pour obtenir de l’information. Mais pas tant que cela : de toute façon, ses courriels et autres effets personnels seront sans doute bien plus utiles. Et même en le tirant, ça ne veut pas dire qu’il sera mort et ne pourra plus parler.

Et puis n’oublions pas quelque chose : garder en vie un terroriste nous coute cher! Ça nous coutera des millions : il faudra l’incarcérer, le loger, le juger, payer des avocats, des psychologues et ainsi de suite. Tout ça pour que, peut-être, il nous dise qui il connaissait, ce que de toute façon on peut savoir facilement et gratuitement.

Bref, il n’y a pas beaucoup de bonnes raisons pourquoi on doit laisser ce genre de rapace en vie. C’est pourtant ce que nos policiers et nous tous, à mon avis, sommes insconciemment et psychologiquement encouragés à faire.

Quand on observe attentivement, ces événements en disent long sur notre mentalité collective molle.

FV
W

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